COI team presentations, ACFAS, May 12
For any readers in the Montreal are, my COI team and I will be presenting a number of papers (in French) at a workshop — Recherches au pluriel et conflits d’intérêts — organised in the context of ACFAS, on May 12. The abstracts are listed below. (P.S. here’s a radio interview I did with French language Radio Canada)
Bryn WILLIAMS-JONES, Université de Montréal
Défis contemporains dans la gestion des conflits d’intérêts dans la recherche universitaire
Le problème des conflits d’intérêts (CI) dans la recherche universitaire a fait l’objet de beaucoup d’attention ces dernières années et pour cause. Les CI peuvent menacer l’objectivité et la crédibilité du processus et des résultats de la recherche et conduire à une perte de confiance de la part public à l’égard de la recherche scientifique. Les CI les plus évidents se retrouvent dans les situations où les chercheurs ont des intérêts financiers, notamment dans le contexte de la recherche biomédicale, provenant du financement privé de la recherche. Mais il existe des CI autres que ceux reliés aux intérêts financiers et également dans la recherche en sciences humaines et sociales! De plus, les CI ne devraient pas être considérés comme étant toujours intrinsèquement contraire à l’éthique. Parfois, le fonctionnement institutionnel engendre des CI et les rend même inévitables. Ce qui importe sur le plan éthique est que les individus et les institutions possèdent les outils nécessaires pour traiter de façon appropriée les CI lorsqu’ils surviennent. Cette présentation donnera un aperçu de ma vision des principaux enjeux reliés aux CI dans la recherche universitaire, notamment ceux qui persistent et qui, de façon générale, sont moins bien examinés dans la littérature.
Ghislaine MATHIEU, Université de Montréal
Un évaluation des politiques de conflits d’intérêts dans les universités canadiennes qui abritent des facultés de médecine
Afin de préserver la confiance du public, tant les chercheurs que les universités elles-mêmes doivent s’acquitter de leurs obligations professionnelles et rendre compte de leurs actes. Le classement des 149 écoles de médecine des universités et des collèges américains, que l’American Medical Student Association (AMSA) publie à chaque année, apparaît comme un modèle des exigences attendues des institutions de recherche en santé en matière de CI. Une analyse de ce classement soulève toutefois des questions. D’abord, comment les universités canadiennes qui abritent des facultés de médecine se positionneraient suivant ce type de classement? Est-ce que ce type d’évaluation mériteraient d’être amélioré, voire justifieraient d’améliorer la qualité des politiques de CI des universités canadiennes? Notre présentation veut répondre a ces questions, en démontrant que, comme les institutions américaines, presque toutes les politiques de CI des universités canadiennes ont tendance à se concentrer presque exclusivement sur les CI de type financier en ignorant d’autres CI, tels que la loyauté, le prestige ou l’avancement scientifique. Ce n’est donc pas surprenant que le classement de l’AMSA a pour faiblesse de limiter l’évaluation des institutions aux mesures mises en place pour garantir la divulgation d’un CI exclusivement financier et en relation avec les entreprises pharmaceutiques.
Camille ASSÉMAT, Université de Montréal
Conflits d’intérêts et éthique de publication : revue systématique des lignes directrices des journaux médicaux
Dans le domaine de la recherche scientifique, il y a des conflits d’intérêts (CI) qui peuvent biaiser le jugement impartial et désintéressé des professionnels de même que le processus de recherche. Notamment, les relations qu’entretiennent les cliniciens et les chercheurs avec l’industrie font l’objet de préoccupations majeures en particulier au niveau de la qualité et de l’objectivité des publications. De nombreuses revues à fort impact ont progressivement demandé aux auteurs de soumettre, en plus de leurs résultats de recherche, une déclaration explicite de CI. En 2007, le Comité international des rédacteurs de revues médicales (CIRRM) a émit des directives davantage détaillées quant aux CI liés aux engagements de l’auteur, au financement des projets de recherche, ainsi qu’aux engagements des examinateurs et des rédacteurs de journaux. Il n’est pas clair si les principes éthiques émis par le CIRRM sont rendus suffisamment compréhensibles et accessibles aux chercheurs, ni combien de revues médicales internationales ont effectivement mis en place des politiques de CI. Inspirée par le modèle du CIRRM, nous présentons une analyse éthique comparative des politiques en matière de CI des vingt plus grands journaux biomédicaux permettant d’évaluer le niveau de conformité de ces politiques aux standards attendus.
Christiane ROCHON, Université de Montréal
Les conflits d’intérêts et les conflits de rôles professionnels
Le concept de conflit d’intérêt (CI) est parfois restreint aux conflits d’ordre financiers ou alors il est abordé de façon très large en englobant plusieurs autres concepts, dont le conflit de rôle. Quelque soit le type de conflits, la crainte est qu’ils influencent le jugement des professionnels en leur faisant perdre leur objectivité. Pourtant, les études en psychologie on démontré que de façon générale les jugements sont rarement objectifs et qu’ils sont facilement motivés par des intérêts personnels. Quelle que soit l’ampleur ou la nature de l’intérêt personnel le jugement s’en trouve biaisé et souvent de façon inconsciente. Devant un tel constat, il y a lieu de réfléchir sur les mécanismes qui sont généralement mis en place pour contrer les conflits d’intérêts et se demander s’il est possible, voire même utile, de chercher à tous les éliminer. Les conflits d’intérêts ne sont pas tous de même nature ni de même niveau. Il en ressort donc qu’une seule politique ou une seule solution ne peut à elle seule couvrir tous les conflits. Certains doivent simplement être gérés. La présentation traitera de la diversité des conflits d’intérêts et des différentes questions qu’ils suscitent.